Dossier de presse

 

 

Que l’on ne s’y trompe pas : si le récit de Léo Maltès semble se tisser sur la trame des trois unités classiques, il n’en reste pas moins éminemment baroque. Il y aurait donc l’unité de lieu – le quartier bourgeois d’une ville de Province ; l’unité de temps – une nuit aussi bleue que blanche, et l’unité d’action – les paroles croisées de sept femmes. Mais ce serait oublier l’écriture flamboyante de l’auteur qui se déploie en savantes circonvolutions pour épouser au plus près les pensées de ses personnages féminins que l’on retrouve alanguis au petit matin. Jugez plutôt : « Les premières lueurs rougeâtres inondaient déjà les sculptures et bibelots du grand salon, donnant sur le parc de la Tête d’Or. Plusieurs bouteilles vides de champagne brillaient dans la pénombre […] Ailleurs, dans les pentes surplombant la ville, un léger reflet céleste déposé sur les hanches d’un violoncelle posé sur son trépied, éblouissait une femme », laquelle confie : « Je n’avais jamais imaginé pouvoir en arriver à de pareilles extrémités. »

Et le lecteur non plus ! Car c’est bien là la puissance de ce huis clos qui exacerbe la moindre confidence pour en faire un aveu. Qui sont donc les six invitées d’Isabella, hôte aguerrie dans l’art de recevoir ?

Léo Maltès nous dit que l’on ne s’épanche pas impunément et que le propre du secret est de ne pas être révélé. Pour nous en convaincre, il choisit de nous faire assister à un célèbre opéra que ses héroïnes reconnaissent à peine, n’entendant qu’une flûte désenchantée. Elles auront occupé le devant de la scène tout au long du roman pendant que derrière elle, le narrateur – à moins que ce ne soit une narratrice – s’amuse à la manière d’un marionnettiste qui tirerait habilement les ficelles de ses créatures, délicates et fragiles, renfermant en leur âme une part d’ombre, chacune ayant été suffisamment éprouvée pour sécréter au plus profond d’elle-même une perle noire.

L’on dit que les perles meurent de ne pas être portées. Celles fécondées par l’écriture de Léo Maltès brillent d’un éclat obscur qui perdure au-delà de notre lecture …

« Face à moi, la cité était là, gisant à mes pieds, insouciante, comme endormie, sous le sortilège de l’ignorance…  »  

S.B.

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